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  • Cours du lundi au vendredi

LE MMA

LE MMA

TYPE

LE MMA

DUREE

1h15 ou 2h

NIVEAU

Ados ou Adultes

CALORIE BRULES

500 – 700

Les arts martiaux mixtes ou mixed martial arts (MMA), (et anciennement combat libre ou free-fight), sont un sport de combat complet, associant pugilat et lutte au corps à corps. Les deux combattants peuvent utiliser de nombreuses techniques ; selon les fédérations, sont autorisées les techniques de percussion telles que coups de pied, de poing, de genou et de coude, mais aussi les techniques de corps à corps debout (clinch), de projections et de soumission (grappling) et quelquefois des techniques particulières de percussion au sol.

Ce sport est considéré comme récent, et plus efficace qu’artistique. Il peut être considéré comme étant aux arts martiaux et aux sports de combat, ce que le décathlon est à l’athlétisme. Les arts martiaux mixtes existent en réalité depuis fort longtemps (à travers la lutte et le pugilat). On en retrouve des traces dans les applications de combat de nombreux arts martiaux anciens. Néanmoins, ce sport est interdit en compétition dans certains pays, par exemple en France. En effet, ses détracteurs soulignent la violence des coups qui peuvent être portés avec peu de contrôle lorsqu’un combattant se situe au sol. Ses partisans admettent cette violence grâce à la diversité des zones de frappes possibles et la possibilité d’aller au sol.

Généralités

Sous la dénomination de « mixed martial arts », plusieurs disciplines sont généralement regroupées, les appellations variant selon les points de vue et les périodes :

  • les Mixed Martial Arts, dits MMA, littéralement « arts martiaux mixtes », terme anglophone pour désigner des rencontres interdisciplinaires qui ne sont applicables qu’en combat libre (par exemple un boxeur peut affronter un lutteur dans le cadre du MMA). Ce terme prend tout son sens depuis que les combattants ont compris l’importance de s’entraîner aux nombreux sports qui permettent d’appréhender certaines phases des combats (cross training). Aujourd’hui, ce terme permet de définir ce nouveau sport de combat à part entière, aux influences multiples ;
  • le Free-fight, faux anglicisme désignant le « combat libre » ;
  • le Vale Tudo, appellation portugaise qui se traduit par « tout se vaut ⇒ tout est permis », l’ancêtre du combat libre moderne ;
  • le No Holds Barred, dit NHB, terme qui ne convient qu’aux affrontements ayant très peu de règles, à l’image des tournois de type Vale Tudo comme l’International Vale Tudo Championships et des premiers événements de l’Ultimate Fighting Championship ;
  • le pancrace.
  • En France le Brancaille interdit après la seconde guerre mondiale, était une discipline proche du combat libre. La Lutte contact synthèse de boxe pieds-poings et de lutte a elle vu le jour dans les années 1990.

Le concept des premiers tournois de combat libre enregistrés était simple : deux hommes, dans un octogone ou sur un ring, s’affrontent dans un combat où presque tous les coups sont permis. Les façons de gagner un combat sont le KO, TKO ou la soumission (l’abandon d’un combattant) ou bien la décision unanime ou partagée. Ces tournois avaient pour objectif de permettre la confrontation de différents sports de combat dans le but de déterminer quels styles étaient les plus efficaces. Après des débuts très controversés, à cause d’une campagne de marketing mettant en avant l’ultra violence et l’absence de règles des premiers tournois médiatisés, le combat libre est devenu un sport à part entière très encadré et réglementé. De ces premiers tournois, souvent sanglants, vient le combat libre moderne, les organisations et les infrastructures sont les mêmes depuis le début mais les règles ont évolué à cause de la pression de certains médias, de certains hommes politiques et anciens sportifs. Ainsi, il est devenu impossible de trouver une organisation autorisant les coups de tête ou les frappes aux parties génitales par exemple. Les techniques les plus efficaces restent pourtant présentes (soumissions au sol et frappes conventionnelles issues des boxes pieds-poings). Des médecins assistent aux combats, prêts à faire arrêter une rencontre qui deviendrait trop dangereuse pour un des combattants. Malgré son évolution, le combat libre reste critiqué pour sa violence et ses détracteurs nombreux. Un spécialiste des sports de combat dit qu’il y a plus de morts et de blessés durant les matches de football américain que lors des tournois de combat libre.

Les partisans du combat libre mettent en avant que, bien encadré, il n’est pas plus dangereux que d’autres sports de combat : la variété de techniques répartit les zones d’impacts, diminuant ainsi les risques de traumatisme crânien que l’on rencontre en boxe par exemple (où la tête est frappée de façon répétée). Cependant, la boxe anglaise professionnelle n’est pas non plus réputée être bonne pour la santé, et c’est essentiellement pour des raisons historiques qu’elle dispose d’une meilleure acceptation sociale. Le combat libre est devenu aujourd’hui un sport de combat, dans lequel les combattants disposent du plus vaste arsenal technique possible, leur permettant ainsi de combattre tout en respectant certaines règles indispensables pour préserver la santé des combattants (ces règles varient selon les organisations). Pour évoluer en combat libre, il faut maîtriser les trois distances du combat : le combat debout à distance où l’on utilise des coups de poings et pieds essentiellement, le combat debout au corps à corps avec coudes, genoux, clés et torsions (voir clinch, grappling et takedown) et enfin le combat au sol, distance très proche où l’on peut tenter de soumettre son adversaire avec des étranglements et des clés de bras ou de jambe, ou faire du ground and pound, c’est-à-dire profiter d’une position avantageuse au sol pour frapper son adversaire. Aucune distance n’est négligée et chaque combattant a son domaine de prédilection et ses faiblesses, qu’il essaie d’atténuer par un entraînement particulièrement complet (voir cross training).

L’organisation de combat libre la plus médiatisée est l’UFC mais d’autres organisations comme le Bellator MMA gagnent en popularité. Actuellement cette forme de combat est en pleine expansion médiatique, et elle est devenue plus populaire que le K-1 ou la boxe anglaise.

Pancrace

Article détaillé : Pancrace.

Scène de pancrace : un arbitre punit avec un fouet un athlète qui tente de crever l’œil de son adversaire, kylix du Peintre de la Fonderie, v. 490-480 av. J.-C., British Museum (E 78).

Le sport qu’est le MMA moderne n’est pas un descendant direct du sport antique qu’était le pancrace, on retrouve toutefois certains points communs entre ces deux disciplines séparées par plus de 2500 ans.

Les premières traces de combat libre ont été attestées en Grèce, en Turquie, en Syrie, en Italie, en France, en Espagne, au Portugal, en Égypte et à Makthar en Tunisie ; de nombreux documents attestent que différentes formes locales anciennes de combat libre puisant leur origine dans le pancrace antique ont survécu jusqu’à notre époque. Le pancrace fut l’une des premières formes de sport de combat à mains nues avec tout de même un minimum de règles. Il fut introduit aux jeux olympiques antiques en 648 av. J.-C. Le mot « pancrace » est l’association du mot pan signifiant « tout » et kratos signifiant « puissances », décrivant bien le sport, mélange de boxe et de lutte. Le sport n’a alors que deux règles, ne pas mordre et ne pas frapper aux yeux, même si ces techniques sont autorisées chez les Spartiates. Les rencontres ne prennent fin que lorsque l’un des adversaires est inconscient ou se soumet en faisant signe de la main. Souvent, les affrontements durent des heures et finissent parfois avec la mort d’un, voire des deux combattants. Le pancrace devint le sport le plus populaire aux jeux olympiques et dans la Grèce antique.

Les Lutteurs, reproduction d’une statue de bronze du IIIe siècle, Uffizi, Florence, Italie.

Les rencontres prenaient place dans une arène, surface carrée d’environ 12 à 14 pieds de côté. Un arbitre armé d’un bâton ou d’un fouet, veillait à faire respecter les règles. Les techniques les plus souvent utilisées étaient les coups de poing, de genou, de coude et de pied, les clés articulaires et les étranglements. Les coups de pied aux jambes, à l’aine et au ventre étaient fréquents. Même si les échanges debout existaient, la grande majorité des combats se déroulaient au sol, où les prises de soumissions et les coups étaient permis. Les pratiquants du pancrace étaient réputés pour leurs aptitudes et leur habilité au corps à corps. La strangulation était la cause la plus commune des décès lors des combats. Les athlètes de pancrace en Grèce antique, les pancratiaste, devinrent des héros, et l’objet de nombreux mythes et légendes. Arrichion, Dioxippos, Polydamas de Scotoussa ou Milon de Crotone sont ceux qui ont laissé le plus de traces. On pense que même Héraclès était pankratiast. Alexandre le Grand cherchait à les recruter en tant que soldats, à cause de leur habileté légendaire au combat sans arme. Lorsqu’il envahit l’Inde en 326 av. J.-C., de nombreux pankratiasts combattaient dans ses rangs. Ce pourrait être l’origine des arts martiaux chinois, prenant souvent leur source en Inde à cette époque. Le pancrace est la toute première forme de combat connue de ce qui deviendra plus tard ce que l’on nomme maintenant les arts martiaux mixtes.

Le déclin du pancrace en Grèce, coïncidant avec la montée en puissance de l’Empire romain, vit des sports plus réglementés, tels que la lutte et la boxe, devenir les principales formes de combat en Occident, alors que les arts martiaux traditionnels se développaient en Asie. Cette situation perdura au cours de siècles, et était toujours présente en 1925, lorsque le combat libre fit sa réapparition à Rio de Janeiro, au Brésil.

Jiu-jitsu brésilien

Mitsuyo Maéda, surnommé Count Koma, l’homme qui transmit à la famille Gracie ses techniques de judo et de ju-jitsu.

Si de nombreux combats sans règles étaient organisés en Europe à la fin du XIXe siècle entre lutteurs et autres sportifs, lors de véritables tournois sportifs ou lors de concours artistiques (music hall), c’est au Brésil que le renouveau du combat libre a réellement pris de l’ampleur. Le combat libre moderne a plusieurs influences, tout d’abord les violentes rencontres de Vale Tudo au Brésil et ensuite le Shoot wrestling au Japon. Le Vale Tudo, qui signifie « tout est permis », apparu dans les années 1920 au Brésil avec le fameux « Challenge Gracie » qui opposa la famille Gracie à d’autres représentants d’arts martiaux. Pour bien comprendre la réapparition du combat libre, il est nécessaire de s’attarder sur l’histoire de la famille Gracie au Brésil. Une partie de cette famille descend de George Gracie, un Écossais originaire de la ville de Carronhill située dans l’ancienne région écossaise de Dumfries and Galloway. George Gracie a immigré aux États-Unis à l’âge de 25 ans en 1826. Gastão Gracie, petit-fils de George, quitte Rio de Janeiro en 1901 pour s’installer dans la province du Pará, au Nord du pays. Au début des années 1900, un Japonais du nom de Mitsuyo Maéda s’installe également dans la même région, envoyé par le gouvernement japonais qui voulait y établir une colonie. Il devint rapidement ami avec Gastão Gracie qui est parvenu à devenir une figure politique locale. Gastão aida Maeda à établir la colonie japonaise, usant de son influence.

Mitsuyo Maéda, debout sur la gauche de la photo, et ses premiers élèves au Brésil.

Maeda, en plus de son habileté politique, était également connu au Japon pour une autre raison, il était un champion reconnu de Judo. Et c’est ainsi que Maeda, ou Count Koma, surnom hérité d’un séjour en Espagne, offrit, en remerciement pour l’aide que Gastão lui avait apporté, d’apprendre à son fils, Carlos, ses connaissances en judo et en ju-jitsu. Maeda entraîna le jeune Carlos entre sa 15e et 21e années, puis il retourna au Japon. Une fois son maître parti, Carlos commença à enseigner l’art de Maeda à ses frères, Hélio, Jorge, Osvaldo et Gastão Jr. Les frères Gracie commencèrent alors à adapter les techniques de Maeda afin de les rendre les plus efficaces possibles. C’est en 1925 que Carlos parti pour Rio de Janeiro avec Hélio, plus jeune de 11 ans, où ils ouvrirent une académie de jiu-jitsu8,10,11 Un des frères, Helio Gracie étant le plus jeune (16 ans) et le plus léger (seulement 62 kg) lorsqu’il commença à apprendre le Jiu-Jitsu. Ne pouvant pas participer aux entraînements, il observait son frère plus âgé enseigner chaque jour. Lorsque Carlos ne pouvait plus participer au cours, Helio fut invité à le remplacer. En raison de sa taille et de son gabarit, il commença à adapter les règles de base de Jiu-Jitsu suivant son petit gabarit. Il présenta l’application de la puissance, à l’art, permettant à un plus petit adversaire de battre un plus grand. Il expérimenta cette modification et augmenta les techniques de base pour les rendre efficaces dans toutes les catégories. Tous commencèrent le développement d’un nouvel art martial, le Gracie Jiu-Jitsu.

Masahiko Kimura avança que si son combat contre Hélio durait plus de 3 minutes ; il consentirait à déclarer celui-ci vainqueur…

Carlos et Hélio continuèrent à progresser et à perfectionner leur art dans leur nouvelle académie. Carlos imagina, afin d’attirer l’attention et de se promouvoir, un plan marketing connu sous le nom de « Challenge Gracie ». Il publia une série d’annonces dans différents journaux de Rio, comprenant une photo de lui-même, peu impressionnant physiquement, une publicité pour son académie, et un défi : « Si vous voulez un bras ou des côtes cassés, contacter Carlos Gracie à ce numéro. » Et c’est ainsi que commença le renouveau des arts martiaux mixtes, Carlos, puis son jeune frère Hélio, suivis par les fils des deux hommes, lancèrent et relevèrent de nombreux défis dans les matchs de Vale Tudo, contre des représentants de différentes écoles, karaté, boxe, capoeira. Au fur et à mesure, la popularité de ces défis se répandit dans tout Rio, et les matchs, initialement fermés au public, commencèrent à rassembler de plus en plus de monde, jusqu’à prendre place dans les grands stades de football. L’un des premiers de ces combats professionnels fut l’affrontement entre le champion brésilien poids léger de boxe, Antonio Portugal et le frère de Carlos, le plus jeune, plus petit et plus léger Hélio. Ce dernier remporta le combat en 30 secondes par soumission, et fut élevé au rang de héros. À cette époque, le Brésil n’avait pas d’icône sportive internationale, et Hélio prit cette place.

L’existence de ces défis fut connue au Japon, et de grands combattants japonais vinrent participer à cette nouvelle forme de compétition contre les Gracies, pensant que ceux-ci étaient en train de corrompre leurs arts traditionnels. De nombreux champions japonais affrontèrent Hélio, qui, avec ses 65 kg était souvent largement plus léger que ses adversaires. Ses deux seules défaites, contre Masahiko Kimura et Valdemar Santana restèrent dans la légende. Hélio continua à défendre le nom des Gracies ainsi que leur art martial entre 1935 et 1951. À 49 ans, sa défaite contre Santana fut son dernier combat. C’était au tour du fils aîné de Carlos, Carlson, alors âgé de 17 ans, de prendre la relève. Plus tard ce sont les fils de Hélio, Rolls, Rickson et Rorion, qui continuèrent le « Challenge Gracie ». Le Vale Tudo devint immensément populaire, devenant rapidement le second sport en popularité, pour ce qui est de la vente de billets, au Brésil, derrière le football. C’est un statut que l’on retrouve encore de nos jours. Des nombreuses équipes et organisations se formèrent, et des rencontres commencèrent à être régulièrement organisées un peu partout dans le pays. Les combats voyaient s’affronter des combattants de différents styles, notamment de Brazilian jiu-jitsu, de Muay Thai kickboxing, de luta livre wrestling et de boxe. Avec le succès croissant du Gracie jiu-jitsu, certains membres de la famille partirent aux États-Unis.

Avènement du MMA moderne… UFC

Royce Gracie, principale icône de la nouvelle ère du MMA, grâce à ses victoires lors des premiers UFC au début des années 1990.

Au début des années 1980, Rorion, le fils aîné de Hélio, part aux États-Unis pour enseigner le Gracie jiu-jitsu en Californie. Comme son père et son oncle avant lui, il fait la promotion du fameux « Gracie Challenge », en y ajoutant un détail: il offre 100 000 dollars à quiconque battra, lui ou l’un de ses frères, dans un match de Vale-Tudo. Encore une fois, ces défis apportent au jiu-jitsu brésilien une grande popularité.

Lorsque Rorion réalise le potentiel du style de combat de sa famille, il décide de créer une organisation destinée à promouvoir son art aux États-Unis. Après des années de travail et de promotion de son art familial, Rorion rencontre Art Davie, un homme d’affaires qui s’était déjà intéressé à ce sport après un voyage en Thaïlande au cours duquel il avait assisté à une rencontre de type Vale-Tudo. Davie utilisa ses relations dans l’industrie de la télévision pour contacter Bob Meyrowitz, le président de Semaphore Entertainment Group (SEG), une société spécialisée dans le pay-per-view des événements sportifs. Il organise alors une rencontre entre Rorion, Bob Meyrowitz et lui-même. Ensemble, les trois hommes créent l’« Ultimate Fighting Championship », un tournoi dont le but est de faire s’affronter des adversaires de styles différents. L’UFC a lieu le 12 novembre 1993 à Denver (Colorado). Ce tournoi d’un nouveau genre, remporté à trois reprises par son frère Royce, rencontra un succès important et entraîna un profond bouleversement dans le milieu des sports de combats. À l’UFC 1, 86 000 pay-per-view sont vendus. À partir du 3e UFC, c’est plus de 300 000 pay-per-view qui sont vendus à chaque show. Mais si le MMA s’est fait une petite place dans le sport américain, il traîne une très mauvaise réputation. Les six premiers UFC avaient effectivement très peu de règles : pas de limite de poids, pas de limite de temps, pas d’équipement de protection obligatoire. Les seules règles étaient de ne pas frapper les yeux, de ne pas mordre et de ne pas saisir les parties. Le combat ne pouvait être stoppé que par arrêt de l’arbitre, knock out ou soumission, cette dernière pouvant être signalée verbalement ou en tapant trois fois en signe d’abandon. Les rencontres ont lieu dans une cage grillagée octogonale dénommée « L’Octogone »8.

L’UFC, né en 1993, et son « Octogone », la cage grillagée servant d’aire de combat.

Les premiers UFC étaient des tournois au cours desquels les combattants réalisaient plusieurs combats successifs au cours de la même soirée, avec élimination directe jusqu’à la finale. L’absence de catégorie de poids apparut rapidement comme un problème, permettant par exemple, lors du troisième UFC, un affrontement entre Emmanuel Yarborough, un sumotori de 273 kg, contre Keith Hackney, un karatéka de 91 kg. Il devint rapidement évident que l’absence de limite de temps et l’absence de juges était problématique. Ainsi lors de l’UFC IV, la plupart des compétiteurs s’étaient entraînés aux techniques de combat au sol, dont l’importance avait été révélée par le succès de Royce Gracie, et les combats devinrent de plus en plus long, chaque adversaire se neutralisant mutuellement. Cette augmentation progressive de la durée des combats eut deux conséquences : l’événement dépassait la durée prévue par la chaîne retransmettant le pay-per-view, et les amateurs se lassaient de ces longues phases de combat au sol, jugée ennuyeuses. La SEG (Semaphore Entertainment Group) réagit et institua, en 1995 pour l’UFC V, une limite de temps de 30 minutes, sans pour autant introduire des juges. Ainsi la rencontre revanche tant attendue entre Royce Gracie et Ken Shamrock dura 30 minutes et fut annoncé comme un match nul, provoquant la colère des fans. La SEG instaura donc des juges dès l’UFC suivant, afin de décider de l’issue des matchs atteignant la limite de temps fixée.

Des opposants à l’UFC et au MMA en général ne tardèrent pas à se manifester, notamment aux États-Unis. La SEG était en partie responsable de ces difficultés. En effet elle avait mis en avant la brutalité des combats et l’absence de règle, faisant passer la compétition comme un événement No Holds Barred où tout était permis et où tout pouvait arriver, même la mort d’un combattant (qui n’est jamais arrivée). Cette stratégie marketing, payante au début afin d’attirer l’attention des médias, s’avéra être un désastre un peu plus tard. Une fronde anti-UFC vit rapidement le jour, menée par le sénateur de l’Arizona John McCain, lié au milieu de la boxe, qui y voyait un sport bestial rappelant l’époque des gladiateurs romains. En 1996, McCain et le sénateur républicain du Colorado Ben Nighthorse-Campbell écrivent une lettre aux gouverneurs des 50 États américains, présentant l’UFC comme « un sport sanglant brutal et répugnant… qui ne devrait pas être autorisé sur le territoire des États-Unis. » Il parvient ainsi à faire progressivement interdire l’UFC de presque tous les états, obligeant les organisateurs à se déplacer d’états en états selon la législation. De plus il entraîne la plupart des compagnies de pay-per-view à retirer le MMA de leur carte, privant du même coup l’organisation d’une grande partie de ses revenus. En 1997, les deux plus gros distributeur, TCI et Time Warner, se retirent, mettant l’UFC au bord de la faillite.

Le Pride, né au Japon en 1997, devient rapidement la référence en matière de MMA.

Alors que l’UFC survit tant bien que mal, au Japon, le premier Pride Fighting Championships est organisé en 1997, révélant Rickson Gracie, le demi-frère ainé de Royce. Cette nouvelle compétition, proposant des combats sur un ring, et non une cage, et comportant plus de règles que l’UFC, allait devenir rapidement la plus importante organisation de MMA au monde. En 2001, la SEG, au bord de la faillite, est approchée par les dirigeants de Station Casinos, une compagnie gérant des médias et des casinos, basée à Las Vegas et appartenant aux frères Lorenzo et Frank Fertitta. Leur intention est de rendre à l’UFC sa popularité et de se faire accepter. Les Fertitta et Dana White, ancien promoteur de boxe et nouveau président de Zuffa, cherchent à transformer l’UFC, et le MMA dans le même temps, en « un bon sport, propre et avec des règles actualisées », lui permettant éventuellement d’être reconnu et légitimisé. Un mois plus tard, en janvier 2001, les Fertittas achètent l’UFC pour 2 millions de dollars et crée Zuffa, LLC afin de gérer l’évènement.

En étroite relation avec la Nevada State Athletic Commission, Lorenzo Fertitta étant un ancien membre de la NSAC, Zuffa obtient l’autorisation d’organiser ces événements au Nevada. Peu après, l’UFC 33 est de retour sur les écrans de télévision en pay-per-view. Les records de ventes, que ce soit les ventes de pay-per-view ou de places pour assister à l’événement sont battus. Le nouvel UFC fait un retour avec des règles plus restrictives, incluant rounds, limite de temps, cinq catégories de poids, une liste de 31 fautes et 8 façons différentes de remporter la victoire. La compétition est bien différente de celle de 1993, et les compétiteurs aussi, qui sont devenus professionnels et s’entraînent désormais souvent plus de six heures par jour, travaillant leur force et leur condition physique en plus des techniques de frappes et de grappling.

Tentative de reconnaissance olympique

À la fin des années 1990, un mouvement se développa pour le retour du pankration aux jeux olympiques. Ce mouvement, né en Grèce et mené initialement par des pratiquants de karaté, a pour nom l’International Federation of Pankration Athlima (IFPA). Pour les Jeux olympiques d’été de 2004, jeux de la XXVIIIe olympiade de l’ère moderne, qui se sont déroulés à Athènes (Grèce) du 13 au 29 août 2004, une rumeur persistante racontait que le pankration, l’un des sports originels des Jeux olympiques antiques, ferait sa réapparition. Cela ne fut pas le cas, en 1996, le Comité international olympique exprima ses doutes sur la capacité de la Grèce à assurer toutes les bonnes conditions requises pour un bon déroulement des Jeux (sécurité, construction, système de transport, etc.). Après avoir été menacée d’un transfert des Jeux pour Sydney en Australie, la Grèce réussit à convaincre le CIO qu’elle serait capable d’accueillir les Jeux, à condition que de nouveaux sports, pankration compris, ne fussent pas rajoutés.

En 2000, l’Américain Craig Smith quitta cette organisation et forma la World Pankration Federation (WPF) afin d’établir une organisation centrale permettant de développer le pankration : « Le but premier de la World Pankration Federation n’est pas de permettre la réintroduction du pankration aux Jeux Olympiques. C’est plutôt de fournir une structure adéquate dans laquelle les athlètes peuvent participer à des compétitions locales, régionales, nationales et internationales, en développant leur habilité et le sport avec honneur, intégrité, et dans un esprit sain de compétition. Et si tout cela est accompli, l’objectif de réintroduire le pankration aux Jeux Olympiques viendra naturellement, en son temps. ».

Entraînement

L’entraînement en combat libre varie selon les spécificités du combattant, sa (ou ses) discipline(s) privilégiées et son équipe et dure environ deux mois pour une préparation optimale avant un combat. Comme dans tout sport de haut niveau les entraînements sont conditionnés par une hygiène de vie irréprochable, aucun sportif normalement ne fume ou boit de l’alcool de manière importante.

L’athlète doit pratiquer généralement:

  • Une/des discipline(s) de combat debout Striking : Boxe, Kickboxing, Karaté, Muay-Thaï etc.
  • Une/des discipline(s) de combat au corps au corps Clinch : Muay-Thaï, Sambo, Jiu-Jitsu, Judo, etc.
  • Une/des discipline(s) de combat au sol Grappling : jiu-jitsu brésilien, sambo, etc.
  • La musculation et le cardio-vasculaire sont essentiels pour augmenter son endurance et sa puissance pour un combat.

Des combattants pratiquent par exemple le crossfit, des exercices physiques qui mélangent musculation et cardio.

Stratégies

Phases d’un combat

La phase de combat debout : ici une tentative de coup de poing retourné.

Le clinch, phase d’accrochage.

La phase de combat au sol : ici le combattant dans la garde de son adversaire travaille en ground and pound.

Le combat libre est un sport relativement jeune et il connaît des évolutions permanentes. L’entraînement, la compréhension du combat, les stratégies et les techniques évoluent constamment. Toutefois certains éléments ne changent pas, il existe ainsi trois phases principales lors d’un combat de MMA :

  • La phase de combat debout, domaine de prédilection de la boxe, du kick boxing, du muay-thaï ou du karaté, phase lors de laquelle les deux adversaires sont debout et s’affrontent en utilisant principalement des coups de pieds, de poings, de genoux et de coudes.
  • La phase de contact ou d’accrochage debout, le clinch, domaine de prédilection du ju-jitsu, de la lutte, du grappling, du sambo et du judo, où l’on cherche à entrer en contact avec son adversaire, pour l’amener au sol à l’aide d’une projection ou d’une amenée au sol, voire pour le frapper avec ses genoux comme on le voit dans le muay-thaï.
  • La phase de combat au sol, domaine de prédilection du jiu-jitsu brésilien, du judo, du ju-jitsu japonais (ensemble de disciplines dont sont issus le judo et le ju-jitsu brésilien), du sambo ou de la lutte, lors de laquelle on va tenter de prendre la meilleure position possible, de passer la garde et d’attaquer son adversaire soit en ground and pound avec des techniques de frappes, soit avec des mouvements de soumission tels que les étranglements ou les clés.

Lors des premiers événements de combat libre moderne, on pouvait voir une grande variété de styles tous très différents (des sumotoris, des ninjas, des boxeurs gardant leur gants de boxe anglaise, des karatékas en dogi, des lutteurs en boxer, etc.). Mais au fur et à mesure que le sport a évolué, les styles « exotiques » et les styles traditionnels ont peu à peu disparu, car le combat libre demande une maîtrise de ces trois distances et rares sont les hyperspécialistes d’une seule distance pouvant rivaliser avec les spécialistes du combat libre, pratiquant le cross training et s’entraînant spécifiquement pour cette discipline.

Lors d’un combat de MMA, il existe différentes stratégies permettant de jouer sur ses points forts tout en profitant des points faibles de son adversaire : le « Sprawl-and-Brawl » consiste à éviter d’être amené au sol pour combattre debout, le « Clinch Fighting » consiste à entrer en contact avec son adversaire afin d’appliquer certaines techniques de percussion ou de projection, le « Ground-and-Pound » consiste à amener son adversaire au sol puis à appliquer des techniques de percussion, le « Submission Grappling » consiste à amener son adversaire au sol pour appliquer des techniques de soumission22.

Combat debout

Le combattant de gauche vient de réaliser un sprawl pour éviter le takedown.

Le « Sprawl-and-brawl », littéralement « s’affaler et se bagarrer », est une stratégie généralement utilisée par les combattants préférant le combat debout et les techniques de boxe ou de kickboxing comme les coups de poings et de pieds. Ces combattants vont tenter de maintenir le combat debout, tout en utilisant des techniques de sprawl afin de résister à l’amené au sol (takedown).

Le sprawl est un terme utilisé en lutte pour désigner une technique de défense contre les tentatives de takedown comme un double ou single leg takedown. Le sprawl consiste, lors de l’attaque de son adversaire, a reculer ses jambes vers l’arrière et à poser sa poitrine sur le dos de celui-ci, afin d’empêcher celui d’atteindre ses jambes et de neutraliser son attaque.

La plupart des combattants utilisant cette stratégie sont moins à l’aise au sol que debout. En cas de combat au sol, ils essaieront souvent de neutraliser le travail de leur adversaire sans lui offrir d’opportunité de placer une soumission, en attendant que l’arbitre stoppe le combat et le fasse repartir debout. Il s’agit d’une stratégie qui a souvent été employé par des combattants tels que Chuck Liddell ou Mirko « Cro Cop » Filipović.

Corps à corps

Clinch fighting : corps à corps, fixation de la tête, percussion avec un coup de genou.

Le « clinch fighting », littéralement le « combat au corps à corps », également dénommé dirty boxing, est une stratégie impliquant que le combattant, lors de la phase debout, va casser la distance avec son adversaire afin de s’en approcher et de réaliser un clinch, c’est-à-dire un accrochage, pour soit réaliser une amené au sol (takedown), soit appliquer certaines techniques de percussion à courte distance telles que coups de poings, coups de coude, coups de genoux. Il s’agit d’une stratégie de combat particulièrement utilisée par les sportifs ayant un passé de lutte ou de boxe thaïlandaise. Bien utilisée, elle permet de neutraliser les techniques d’un boxeur ou un grappleur. Elle a été régulièrement utilisée par des combattants tels que Randy Couture et Anderson Silva.

Lutte au sol

La combattante en position supérieure déborde son adversaire lors d’une phase de Ground-and-pound.

Le « ground-and-pound », littéralement « combattre au sol et marteler », est une stratégie qui consiste à amener son adversaire au sol, à prendre une position supérieure permettant de lui asséner de nombreux coups de poings ou de coudes, jusqu’à déborder sa défense et le contraindre à l’abandon. Cette stratégie peut également être utilisée afin de le déborder et de placer une technique de soumission plus facilement. Elle a été utilisée avec succès par des combattants tels Fedor Emelianenko et Tito Ortiz

Immobilisation au sol

Le combattant dos au sol, soumet son adversaire par une technique d’étranglement dit « en guillotine ».

Le « submission grappling », littéralement la « lutte de soumission », est un style de combat consistant à amener son adversaire au sol, avec une projection ou un takedown, à y prendre une position dominante et à tenter de placer une technique de soumission telles qu’une clé articulaire (le plus fréquemment de coude, d’épaule, de genou ou de cheville) ou un étranglement (aérien ou artériel). Les adeptes de cette stratégie sont notamment les combattants expérimentés en jiu-jitsu brésilien, en judo ou en lutte.

Les grapplers les plus expérimentés sont à l’aise aussi bien en position dominante supérieure, placé au-dessus de leur adversaire, qu’en position inférieure, sur leur dos et sous leur adversaire. La position inférieure est effectivement une position permettant un grand nombre de tentative de soumission, à condition d’être capable de contrôler son adversaire dans sa garde. De nombreux combattants utilisent cette stratégie, comme Royce Gracie, Josh Barnett, Antonio Rodrigo Nogueira ou Fedor Emelianenko.

Règles générales

Les règles sont globalement semblables mais chaque organisation apporte ses petites modifications selon la volonté de la commission athlétique du pays dans lequel l’événement se produit. Les combattants n’ont pas le droit de frapper l’adversaire dans les parties génitales, de tirer les cheveux, de mordre ou de crever l’œil de son adversaire. Les coups de genoux, de coudes et de pieds au visage ou ailleurs sont généralement permis. Il y a plusieurs catégories de poids mais elles différent d’une organisation à l’autre.

De plus, avant chaque combat l’athlète doit passer un certain nombre de tests médicaux pour être qualifié d’apte au combat :

 

Source Wikipédia

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