L’origine du Sambo

7 septembre 2016

camb

Le Sambo : du Russe Самбо provient d’une contraction de SAMooborona Bez Oruzhija (du Russe : Самооборонабезоружия) et signifie littéralement autodéfense sans arme. Le système de l’autodéfense et du combat sportif a été fondé sur la base de diverses formes de lutte, notamment les luttes nationales des républiques de l’ex-URSS, mais aussi les systèmes d’autodéfense étrangers. L’arsenal des techniques du Sambo est composé de la plupart des formes de luttes citées dans les chroniques monacales du X-XIe siècle, les Bylines (chants épiques russes). En outre, les populations de l’ex-URSS avaient depuis des siècles recours à l’habillement pour saisir et porter des prises qui de ce fait étaient déjà proches de styles comparables comme la Lutte Bretonne ou le Judo. Le Sambo Moderne est issu, entre autres, de la lutte Tatare Kourieg, du Kouriech de Touva, du Khopsagaï Yakoute, de l’Akatouï Tchouvaque, du Tchidaouba Géorgien, de la Lutte russe à mi-corps, du Goretch Turkmène, et d’une quinzaine d’autres styles.

Les Fondateurs du Sambo

Les arts martiaux traditionnels possèdent habituellement un seul fondateur historique. Le Sambo, sport de synthèse, revendique au moins trois experts russes fondateurs.

Il apparaît d’emblée comme le résultat d’un travail collectif et cumulatif. Il faut souligner qu’aucun de ces trois hommes n’est jamais qualifié de « maître » au sens oriental du terme et que les informations découvertes à leur sujet sont rares et parfois contradictoires. Il n’existe pas de biographies complètes à proprement parler mais plutôt de courts résumés de qualités diverses figurant souvent dans les premières pages des manuels d’entraînement, parfois résumés dans la presse et largement déformés sur Internet. Le premier de ces « experts » à être reconnu historiquement et se nomme SPIRIDONOV. Il est considéré comme le plus ancien promoteur soviétique du Sambo. SPIRIDONOV est un officier russe du début du siècle qui a participé à deux conflits. Il est blessé pendant la Première Guerre Mondiale et se trouve en réserve au moment de la Révolution d’Octobre. Favorable à la Révolution, il reprend du service. En 1919, il travaille à la direction principale des blindés de l’Armée Rouge, puis devient instructeur d’autodéfense à Moscou. On peut dire de SPIRIDONOV qu’il a influencé la forme martiale du Sambo qui était d’abord réservée aux troupes Spéciales Tsaristes. SPIRIDONOV sillonne l’Europe et sélectionne les meilleures techniques de boxe anglaise, de boxe française, du combat corps à corps de l’armée et du jujitsu. Il supprime donc les attaques sur les points vitaux car l’habillement épais des russes les rend inopérantes. Dès les années vingt, il commence son enseignement auprès du cours des instructeurs de sport et de préparation militaire de Moscou.

Toutes les années précédant la Seconde Guerre Mondiale, il administre le Sambo au Dynamo Club, qui est géré par l’armée Rouge. Dans l’enseignement pratique, SPIRIDONOV a introduit les techniques d’actions, formes d’enchaînements libres privilégiant les combinaisons techniques, élaborées à partir des diverses formes d’autodéfense et de combats singuliers sportifs. Il disparaîtra peu avant la Seconde Guerre Mondiale.

OSCHEPKOV reprend le travail de SPIRIDONOV dans une version sportive. Né à Sakhaline en 1895 et orphelin, il est placé à la mission catholique orthodoxe St Nicolas au Japon. En 1913, c’est le premier russe à obtenir la ceinture noire des mains de Jigoro KANO. Il disparaît pendant 10 ans. A son retour en URSS, il veut européaniser le judo. Avec un groupe de spécialistes de luttes d’URSS, il complète la “Lutte libre” qui préfigure le Sambo Sportif actuel. OSCHEPKOV diffuse largement le nouveau style, qui se popularise dans les instituts sportifs des grandes villes telles que Moscou et Leningrad. Plus tard, OSCHEPKOV, reprend les traditions vestimentaires et techniques des styles traditionnels, et dote ses lutteurs d’une solide veste, très près du corps, dans laquelle passe une ceinture qui la maintient fermement c’est lui qui a abandonné le kimono traditionnel au profit de vestes spéciales de Sambo Kurka et de shorts sportifs Trusi, et qui a introduit l’usage des chaussures de Sambo en cuir à semelle souple.

KHARLAMPIEV est le troisième promoteur important du Sambo. Il est né dans la famille d’un pionnier de la boxe russe. Dès 16 ans, déjà instructeur de culture physique, il commence à étudier les diverses formes de luttes nationales et internationales. De nombreuses années d’assimilation des techniques d’autodéfense, une pratique personnelle de ces diverses techniques dans des heurts occasionnels le persuadent de la nécessité d’influer sur un système de combat moderne. Après la Seconde Guerre Mondiale, à laquelle il a participé, il travaille pendant de longues années au Dynamo Club de Moscou, où il organise un large réseau d’enseignement des techniques d’autodéfense pour les troupes des Affaires Intérieures et il met au point la progression technique de sections sportives importantes. Il enrichit les recherches de SPIRIDONOV et d’OSCHEPKOV et réalise la synthèse de leurs travaux. Comme pour les deux autres experts samboïstes, nous avons peu d’éléments sur la fin de sa vie, survenue après 1953.

Les débuts officiels du Sambo sportif

En 1938 à lieu la première rencontre des professeurs et enseignants de Sambo de toute l’Union Soviétique. Le 16 novembre de la même année, le Comité du Sport et de la Culture physique officialise par un rapport l’existence du Sambo, synthèse des diverses formes populaires telles que la lutte géorgienne, tadjike, kazakhe et kirghize. A cette époque, le Sambo se diffuse dans les grandes villes comme Moscou, Leningrad, Kharkov, Bakou et Saratov.

Un an plus tard se tient le premier championnat national réunissant 56 athlètes à Leningrad. Parmi les huit vainqueurs retenus se trouve TCHOUMAKOV figure marquante du Sambo à cette époque. Lorsque la Seconde Guerre Mondiale éclate, des détachements spéciaux de sportifs sont créés en URSS. Les samboïstes présents dans les rangs de l’armée Rouge assurent la préparation des éclaireurs et de l’infanterie. De nombreux récits circonstanciés d’actes de bravoure accomplis par les samboïstes lors de l’occupation allemande figurent dans les manuels.

L’Institut les Gaft envoie 316 “étudiants” entraînés au combat sans armes (système SAM) dans les lignes allemandes pour effectuer des missions de sabotage. Le succès est tel que l’institut est décoré en 1944 de l’Ordre du drapeau Rouge. Devant l’importance prise par la guerre de guérilla en attendant que l’Armée Rouge se reconstitue, on forme au système SAM près de 31 000 instructeurs au combat corps-à-corps dans les bases arrières du Kazakhztan entre 1941 et 1942.

Premières influences du Sambo

Peu après les années cinquante commence une période d’influence du Sambo. Comme le relate NISHIOKA, le judo a augmenté le nombre de ses catégories de poids de 4 à 8, ajouté une cotation pour le combat actif, et développé le combat au sol. Les samboïstes ont emprunté quelques aspects des méthodes d’entraînement des judokas, comme la répétition technique et les randoris souples. Dès le début des années soixante, les Japonais sont parmi les premiers à créer une Fédération de Sambo dans leur pays, qui organise des championnats nationaux et participe aux rencontres internationales. Le Sambo est alors un style placé sous l’égide de la F.I.L.A, qui le reconnaîtra officiellement comme le troisième style international lors de son congrès régulier de juin 1966 à Toledo (USA).